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Communiqué de presse Robert Ganzopar Robert Maillard
Préface de Bernard Mermod L'œuvre de Robert GANZO se résume à sept grands poèmes, sans équivalent dans la poésie moderne. Leur densité est telle que chacun d'eux constitue une avancée dans l'univers sans fin de la poésie. Le premier, intitulé Orénoque (1937), est une évocation saisissante de la forêt amazonienne et, plus généralement, de la nature dans sa force inviolée, par opposition à la fragilité de la condition humaine. Dans la vie du poète, Orénoque a la valeur d'un acte inaugural. A Orénoque on opposera Rivière (1941), écrit pour ses enfants, qui emprunte ses formes et ses couleurs à la vie paisible d'un de ces cours d'eau baignant dans la lumière argentée d'Ile-de-France. Lespugue (1940) doit son titre au village de Haute-Garonne, où fut découverte, dans la grotte des Rideaux, la statuette vieille de 20 000 ans, en ivoire de mammouth, dite la Vénus de Lespugue, un des chefs-d'œuvre de l'art préhistorique. Le génie poétique de Ganzo aura été de remonter aux origines, pour célébrer moins la femme aimée que la naissance et l'invention de l'amour. Domaine (1942) est le poème du mimétisme et en illustre les pouvoirs de transformation et de métamorphose en prenant pour modèles la pieuvre, la danseuse et le poète, chacun trouvant sa nécessité dans la magie du verbe. Langage (1947) : poème unique puisqu'il est à la fois le premier et le seul à ce jour à avoir tenté de définir les liens si particuliers que la poésie entretient avec le langage, le poème « entrain de se faire » en constituant la bouleversante démonstration. Langage est suivi d'une dizaine de petits poèmes fermés sur eux-même, dont quelques-uns comptent parmi les joyaux de la langue française. Colère (1951) n'est que mouvement et humeur, et présente, sous un aspect incantatoire, ce que la poésie, saisie à la source, a de plus sauvage. Résurgences (1954) retrace dans tous leurs méandre les cheminements du chagrin et de la mémoire pour aboutir, à travers le deuil, à un acquiescement aux valeurs de la vie. Face à la cristalline pureté de ses poèmes, on ne manquera pas de lire la Conférence (inédite,1943) de Ganzo sur la poésie, appelée par sa hauteur de vue à faire scandale. |